Quels sont les objectifs et principes de la prévention du tabagisme ?

L’image du tabac dans la société est un facteur clé expliquant le tabagisme. Plus cette représentation est positive, plus le tabac est accepté, plus il y a de fumeurs et de personnes incitées à commencer à fumer.

L’habitude de fumer a été pendant longtemps associée à des valeurs sociales positives et donc acceptée sans réticence particulière : au début du XXème siècle, sous l’influence d’une mécanisation croissante et de l’essor publicitaire, le fait de fumer est devenu désirable puis banal. Mais, dès les années 1950, diverses études ont démontré que la consommation de tabac est liée à de sérieux risques pour la santé. Un mouvement de prévention s’est progressivement mis en place dans de nombreux pays occidentaux.

La tâche principale de la prévention du tabagisme a été, et est encore, de modifier l’image sociale du tabac. Cette tâche est immense et complexe à mener : c’est toute une population qu’il faut convaincre de renoncer à un produit licite, associé à la liberté, l’émancipation, l’affirmation de soi, vécu comme un facteur de convivialité et une source de plaisir, un stimulant intellectuel et, pour beaucoup, un soutien psychologique devant les difficultés de la vie. Par ailleurs, la perspective de diminution de la consommation est souvent perçue comme une menace pour la survie économique. La prévention a alors le rôle d’amener la population et les décideurs à prendre conscience des conséquences négatives du tabagisme, et à percevoir le fait de ne pas fumer comme étant la norme et non l’inverse. On parle dans ce contexte de « dénormalisation du tabac », à laquelle contribuent les actions de prévention comportementale et de prévention structurelle.

Le but de la prévention du tabagisme est de diminuer le nombre de cas de maladie et de décès dus au tabagisme. Pour y arriver, il s’agit de : décourager les non-fumeurs, particulièrement les enfants et les adolescents, de commencer à fumer ; motiver les fumeurs à arrêter de fumer et faciliter la désaccoutumance ; protéger l’ensemble de la population, fumeurs et non-fumeurs, de la fumée passive.

Pour diminuer la consommation de tabac au sein d’une population, il est nécessaire de conjuguer deux types d’approches : la prévention comportementale qui vise à renforcer les connaissances et comportements des individus en matière de tabac et la prévention structurelle qui vise à instaurer des conditions-cadres favorables à la baisse de la consommation de tabac.

C’est uniquement en déployant plusieurs actions, visant aussi bien l’individu que son environnement, que le nombre de fumeurs pourra être réduit de manière durable. La prévention du tabagisme doit ainsi être comprise comme un ensemble de mesures, plutôt que des actions prises isolément. Elle n’est par ailleurs pas seulement le fait des professionnels de la santé mais également celui des professionnels des politiques publiques.

13-12-2016 | CIPRET-Vaud

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