De quelles données dispose-t-on ?

Pour l’heure, les données scientifiques concernant les produits HNB émanent essentiellement de l’industrie du tabac ou de chercheurs mandatés par cette dernière.

Dans ce cadre, Julian Pidoux, le porte-parole de PMI, rapporte que « les résultats obtenus à ce jour pour l’iQOS ont notamment permis de déterminer que le fait de chauffer le tabac plutôt que le brûler élimine ou réduit significativement les constituants nocifs et potentiellement nocifs dans la vapeur de tabac de l’iQOS, en comparaison à la fumée d’une cigarette ». Compte tenu de l’apparente absence de combustion et de fumée, les fabricants affirment que ces nouveaux produits réduisent de 90 à 95% la production des composés nocifs présents dans la fumée des cigarettes conventionnelles. Pour ces différentes raisons, ces produits sont présentés par l’industrie comme des produits à risques potentiellement réduits.

Néanmoins, des études indépendantes sont nécessaires pour confirmer ce potentiel de réduction des risques.

A ce jour en Suisse, seule une étude indépendante menée par l’Institut universitaire romand de santé au travail (IST) et par la Policlinique médicale universitaire (PMU) a caractérisé et quantifié certains composés présents émis par le produit iQOS. Les chercheurs ont observé que l’iQOS émettait de la fumée et relâchait des composés toxiques également présents dans la fumée d’une cigarette conventionnelle (composés organiques volatils, hydrocarbures aromatiques polycycliques cancérigènes et monoxyde de carbone). Bien que la concentration de la plupart d’entre eux soit effectivement moins élevée que dans la fumée de la cigarette conventionnelle, les chercheurs ont cependant trouvé la présence importante d’autres substances nocives telles que l’acroléine et l’acénaphtène, deux substances irritantes majeures de la fumée de tabac.

Les chercheurs concluent que la réalisation d’autres études indépendantes est nécessaire pour être en mesure d’évaluer les effets sur la santé suite à l’usage de l’IQOS, et le cas échéant, de vérifier si la réduction des composés toxiques induit ou non une réduction des risques pour la santé.

Par ailleurs, dans la mesure où ils sont composés de tabac, ces produits libèrent de la nicotine et engendrent donc une dépendance. L’industrie elle-même confirme que ses produits ne sont pas un outil de cessation tabagique.

Outre la nicotine, les produits du tabac libèrent des nitrosamines, substances hautement cancérigènes et naturellement présentes dans la plante de tabac.

Concernant l’exposition à la fumée passive, et même si le fabricant de l’iQOS affirme que le tabac chauffé n’a pas d’impact négatif sur la qualité de l’air intérieur, là encore de plus amples études sont nécessaires pour évaluer le niveau de risque. Rappelons toutefois qu’il n’existe pas de seuil en-dessous duquel l’exposition au tabac peut être considérée sans risque.

12-07-2017 | CIPRET-Vaud

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