Conséquences de la culture sur l’être humain et l’environnement

Pauvreté des fumeurs

Dans la plupart des pays, en particulier dans le pays en développement, la consommation de tabac est plus répandue parmi les plus démunis. Pour eux et leurs familles, l’argent dépensé dans le tabac ne peut être utilisé pour des besoins essentiels comme l’alimentation, le logement, l’éducation et les soins de santé. Sans compter que, le tabagisme peut aggraver la pauvreté des fumeurs et de leurs familles du fait que ces derniers sont plus susceptibles de tomber malade et de mourir prématurément d’une maladie liée à leur tabagisme (lien). Par-là, ils privent leurs familles d’un revenu et leur imposent des dépenses supplémentaires pour les soins de santé.

Pauvreté des cultivateurs

La culture du tabac exige des moyens de production agricole coûteux, comme les engrais ou les pesticides. L’industrie du tabac propose des contrats qui incluent les plants et les produits avant la plantation alors que le prix d’achat des feuilles de tabac est fixé à la récolte et en fonction de la qualité. Par ce système, les cultivateurs sont fréquemment condamnés à une spirale d’endettement.

L’industrie du tabac affiche une santé économique florissante qui est destinée prioritairement aux actionnaires, alors que de nombreux cultivateurs restent pauvres et endettés. Pour exemple, un cultivateur de tabac moyen au Brésil gagne environ en six ans l’équivalent de ce que le directeur de British American Tobacco gagne en un seul jour. Ce directeur gagne ainsi 2190 fois plus qu’un cultivateur brésilien.

Maladies professionnelles et travail des enfants

Les travailleurs sur les plantations de tabac sont exposés aux dangereux pesticides et autres produits chimiques utilisés dans la culture du tabac. Cette exposition peut entraîner de graves problèmes de santé tels que des troubles neurologiques, des affections des voies respiratoires et des cancers.

La nicotine est un poison présent dans les feuilles de tabac pour protéger la plante des insectes nuisibles ; elle lui offre ainsi une protection naturelle. Lors de la récolte, à travers le contact avec les feuilles humides, la nicotine est absorbée par les mains et les autres parties du corps exposées, causant ce que l’on nomme la maladie du tabac vert. Les symptômes sont des nausées, des vomissements, des maux de tête, ne détresse respiratoire et des palpitations pour ne citer que ceux-là. On pourrait prévenir cette maladie en portant des vêtements de protection, mais de nombreux cultivateurs de tabac ne le font pas pour des questions de manque de moyens ou d’informations.

La production de tabac exige une main-d’œuvre importante et les cultivateurs préfèrent faire travailler leurs propres enfants plutôt que d’employer des adultes supplémentaires. Ils sont exposés eux aussi lors de la récolte, quand ils touchent les feuilles, mais également lorsqu’ils manipulent les engrais et les pesticides. De plus, les enfants employés dans les champs ou les usines de tabac ne vont pas à l’école, ce qui les prive de l’espoir d’un avenir meilleur et contribue à la pauvreté multigénérationnelle.

Désastre écologique

La tabaculture représente un grave problème pour l’environnement. Elle lui porte atteinte de différentes manières.

D’abord, le tabac est une plante fragile qui demande de grande quantité d’engrais et de pesticides qui génèrent une pollution des terres, des rivières et des nappes phréatiques.

Aussi, la culture du tabac appauvrit de façon rapide les sols en absorbant  les éléments nutritifs. Il faut donc sans arrêt de nouvelles terres et pour cela des forêts sont défrichées. Le séchage du tabac nécessite en outre de grandes quantités de bois. La déforestation qui y est liée représente une grave menace pour l’écosystème.

Encore, la production de tabac nécessite l’occupation de millions d’hectares de surfaces cultivables, au détriment des cultures vivrières, pourtant nécessaires à la survie de la population.

Pour finir, les mégots représentent une dangereuse pollution. Chaque année, plusieurs milliards de mégots sont disséminés dans la nature. Or, ce sont des déchets non biodégradables qui polluent les villes, la flore et la faune, en particulier le milieu marin.

Quelles recommandations ?

La Convention cadre de l’OMS pour la lutte antitabac, exige, à son article 18, que la protection des personnes et de l’environnement soit garanti. De grands efforts doivent donc être consentis pour faire évoluer la situation de manière favorable et une pesée des intérêts semble indispensable.

Pour plus d’informations

24-10-2016 | CIPRET-Vaud

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