Comment prévenir les dépendances ?

Facteurs de protection et facteurs de risque

Le tabagisme, l’alcoolisme ou les toxicomanies sont des exemples de dépendances. Les dépendances sont des maladies dont il est possible de prévenir l’apparition. Pour cela, les actions de prévention cherchent à renforcer les facteurs protecteurs des personnes et des groupes et/ou réduire les facteurs de risques.

Les facteurs de protection sont des éléments que peuvent augmenter ou maintenir un état de bien-être et de santé, et ainsi « contrer » l’effet des facteurs de risques. Comme les facteurs de risques, ils sont présents au niveau de la société, de la collectivité, de l’école, de la famille, des pairs et de la personne elle-même. En font par exemple partie : des valeurs et normes sociales cohérentes et positives ; des milieux de vie favorables (politiques, réglementations, économie, action sociale, etc.) ; du soutien social ; des compétences psychosociales (capacité à choisir, à résister, à prendre des décisions, etc.).

Les facteurs de risques sont des éléments qui peuvent pousser un individu ou un groupe à adopter un comportement dangereux pour sa santé. Ce sont par exemple : la disponibilité et l’accessibilité des produits ; le manque de contrôle social ; des normes sociales favorables aux produits ; une situation de vie difficile ; des difficultés à gérer ses émotions, une faible capacité à résister aux influences, le stress, une mauvaise estime de soi. Plus les facteurs de risque sont marqués et nombreux, plus le danger est grand de développer un comportement nocif pour la santé.

Pour être efficace, une action de prévention des dépendances ciblant un groupe de personnes doit avoir d’abord identifié les facteurs de risques et de protection de ce groupe.  Cela permet de déterminer quel type d’intervention il faut mettre sur pied, en s’appuyant sur les facteurs de protection pour faire diminuer les facteurs de risque, voire les supprimer.

Prévention structurelle et prévention comportementale

Les facteurs de risque et les facteurs de protection concernent à la fois l’individu et le contexte social. Les raisons qui font que certaines personnes ne consomment jamais de substances psychoactives, les expérimentent, en ont une consommation excessive, ou en deviennent dépendantes sont ainsi complexes. Elles sont rattachées à deux dimensions : la personne et le contexte. Les mesures de prévention des dépendances peuvent se centrer sur l’une, l’autre ou ces deux dimensions.

La prévention comportementale est centrée sur la personne. Elle consiste à s’adresser directement aux personnes cibles pour influencer leurs connaissances, leur prise de position, leur motivation et leur comportement. Ses mesures ont ainsi pour but de renforcer les « compétences des individus en matière de santé ».

Parmi les mesures de prévention comportementale on peut citer : les campagnes médiatiques (TV, cinéma, radio, presse écrite, internet) ; la prévention par les pairs (ex. jeunes formés pour parler avec d’autres jeunes, sous une forme participative) ;  les programmes de renforcement des compétences psychosociales (conscience de soi, pensée critique, maîtrise des émotions et du stress, capacité de prendre des décisions, etc.) sont des exemples de mesures de prévention comportementale.

La prévention structurelle est, elle, axée sur le contexte. Ses mesures visent à modifier les structures et l’environnement des personnes concernées. Elles ont pour but de créer des « milieux de vie favorables à la santé ». Cette forme de prévention vise un effet global, c’est-à-dire auprès d’un groupe élargi et sur le long terme.

Parmi les mesures de prévention structurelle on peut citer : les mesures législatives visant à diminuer l’accessibilité des produits (ex. interdiction de vente de tabac ou d’alcool à des mineurs) ; les mesures visant à réduire la demande des produits (ex. augmentation des prix, interdiction de la publicité) ; les mesures ayant pour but la création de conditions de vie favorisant la santé (ex. climat scolaire ou professionnel positif).

La prévention comportementale et la prévention structurelle se complètent et influent l’une sur l’autre. La prévention est un tout. Par exemple, les mesures législatives demandent une bonne adhésion de la société pour pouvoir être adoptées puis appliquées. Baisser les résistances demande de travailler sur les représentations, notamment en améliorant les connaissances. Dès lors, des actions d’information sont essentielles à mener aux côtés des mesures structurelles. De la même manière, une action qui vise à influencer les connaissances ou le comportement d’une personne ou d‘un groupe ne produira que peu d’effet si l’environnement dans lequel vit cette personne ou ce groupe reste inchangé.

Historiquement, ce sont les approches centrées sur la personne qui ont été d’abord utilisées dans le domaine des dépendances. Cela a progressivement changé et on sait aujourd’hui qu’il est nécessaire de recourir également à la prévention structurelle pour prévenir durablement les problèmes de consommation. C’est effectivement en combinant les mesures de prévention comportementale et celles de prévention structurelle  que l’on atteint la plus grande efficacité.

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13-12-2016 | CIPRET-Vaud

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