Bilan économique du tabagisme

Le tabagisme coûte à la Suisse plus qu’il ne rapporte 

Le tabagisme engendre des bénéfices pour la Suisse, notamment sous forme d’impôts encaissés, mais aussi de places de travail et par la création de richesse dans le secteur des produits du tabac. Selon un récent rapport commandé par Philip Morris, les retombées totales (directes, indirectes et contributions publiques) de l’industrie du tabac sont estimées à 6,5 milliards de francs par an. Compris dans ce montant, les revenus de la Confédération provenant de l’impôt sur le tabac s’élèvent à 2,2 milliards de francs (2014). Ces rentrées contribuent à alimenter l’AVS et l’AI à hauteur de 5%.

Malgré cette apparente « utilité économique » de l’industrie du tabac, la consommation de tabac, en raison des maladies et des décès qui lui sont liés, pèse très lourd sur l’économie nationale. Le tabagisme coûte à la Suisse 10 milliards de francs par an, dont 1,7 milliard pour des traitements médicaux et 3,9 milliards pour les absentéismes au travail et invalidités. La perte de qualité de vie est, elle, estimée à 5 milliards de francs.

En conclusion, contrairement au mythe largement répandu, le tabac n’est pas une bonne affaire mais représente un coût majeur pour la collectivité.

La diminution du tabagisme a un effet positif sur les emplois

L’industrie du tabac emploie en Suisse quelque 7’000 collaborateurs directs. La crainte que les mesures de contrôle du tabac génèrent du chômage est un argument récurrent venant entraver la mise en place de telles politiques. Or, des études solides démontrent qu’une baisse de la consommation ne produit pas une perte nette en places de travail, mais au contraire un gain. En effet, en comparaison à d’autres secteurs économiques, l’industrie du tabac est très peu pourvoyeuse d’emplois  et la diminution du tabagisme induit en réalité une augmentation des places de travail. Cela s’explique par le fait que, quand une personne arrête de fumer, l’argent qui n’est plus dépensé dans les cigarettes l’est dans d’autres biens et services beaucoup plus créateurs d’emplois (loisirs, transports, vacances, restauration, etc.).

Par ailleurs, on observe en Suisse depuis plusieurs années une lente et progressive diminution des postes de travail dans l’industrie du tabac. La cause n’est pas à trouver dans les mesures de prévention du tabagisme mais dans la mécanisation croissante de la production et dans la logique de délocalisation des multinationales.

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24-10-2016 | CIPRET-Vaud

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